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Yumika Kanawaki[Validée]

 
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Yumika Kanawaki
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MessagePosté le: 09/06/2007 03:59:12    Sujet du message: Yumika Kanawaki[Validée] Répondre en citant

Code réglementaire : j'aime les admins (Non mais qui à eu cette idée ce code ?! … On se le demande… )

Nom : Kanawaki

Prénom : Yumika

Surnom : Yumi’

Age : 16 ans

Signe astrologique : Tigre

Rang : Nuke-nin

Village : Sans village précis, elle se plaît à vagabonder, ne supportant pas les restrictions de territoires.

Techniques :

Techniques héréditaire


Tora Manako no Jutsu (L’œil du tigre)
Ceci procure à l’utilisateur la vue si particulière du félin y comprit la vision nocturne.
Cette technique permet également de voir plus loin et plus précisément chaque détail.
Ce doujutsu permet également de voir au-delà de la matière, c’est à dire de visionner certaines choses invisibles à l’œil nu comme par exemple celles dissimulés par un mur, etc.

Seishin Tora no Jutsu (Esprit du tigre)
Il s’agit d’invoquer l’esprit du tigre à son secours. Celui-ci se mêlera alors au sien pour ne plus faire qu’un. Cela lui offre l’avantage d’accroître considérablement sa force physique, de multiplier par deux ou trois la puissance de ses attaques Hyôton, et de réduire sa consommation de Chakra puisqu’elle puise dans les réserves de son animal totem.
Il est à signaler qu’elle ne peut utiliser ce jutsu sur le long terme au risque de voir l’esprit de la créature s’emparer définitivement du sien.

Jin Tora no Jutsu (La vertu du tigre)
Cette technique permet d’infiltrer les pensées et les souvenirs des gens positionnés à moins de deux mètres d’elle. Mais pour cela elle a due faire le serment du sang de ne jamais s’en servir contre les personnes concernées. Ce qui signifie que si elle peut grâce à cela communiquer d’esprit à esprit sans même avoir besoin de recourir aux sceaux exécutés par les mains, elle n’a aucun droit de modifier la mémoire ou d’interférer dans les sentiments et les idées de ceux-ci. Elle ne peut qu’être spectatrice et en aucun cas intervenir sinon son châtiment serait : la mort…

Kimitsu Tora no Jutsu (le Secret du tigre)
Cette technique permet à l’utilisateur de rendre momentanément l’utilisateur muet. Outre le fait de l’effrayer et de le déstabiliser, cela diminue légèrement sa faculté à malaxer correctement son chakra.

Henge Tora no Jutsu (Métamorphose du tigre)
Cette technique, comme son nom l’indique est la transformation complète de l’utilisateur en un splendide félin.
Celui-ci s’accapare alors de toutes les caractéristiques de ce redoutable prédateur et notamment de ses instincts sauvages.
Tout comme pour le Seishin Tora no Jutsu, le réalisateur de ce jutsu doit veiller à ne pas laisser son âme emportée par celle de l’animal.
Cependant malgré cet inconvénient, cela offre l’avantage de ne pas être repéré et aussi de se mouvoir plus aisément et plus rapidement.
Enfin et surtout, cela lui permet de récupérer lentement l’énergie dépensée lors des combats…


Ninjutsu


Hyôton : Yuki Sen'nyo no Jutsu (La fée de glace)
Une fée de glace apparaît près de l’utilisateur qui a droit à trois « vœux ». Mais ces vœux n’en sont pas. En réalité, le réalisateur de ce jutsu se concentre sur l’affinité qu’il souhaiterait posséder pour vaincre l’adversaire et la fée réalise pour lui une attaque totalement aléatoire de l’affinité désirée et ce à trois reprises… C’est donc un jutsu qui compte énormément sur la chance et le hasard.
A noter qu’on ne peut l’utiliser qu’une fois par jour car cela consume une quantité phénoménale de Chakra (si Seishin Tora no Jutsu, alors possibilité de l’utiliser une seconde fois).

Hyôton : Haryuu Muuko (Le dragon de glace)
Un énorme dragon de glace jaillit du sol, envoi vers l’adversaire un énorme jet de glace destructeur et meurtrier à qui ne l’évite pas puis la créature fonce droit sur l’adversaire en un torrent de neige.

Hyôton : Tora koori fuhen ( Le tigre des glaces éternelle)
Cette attaque est la plus puissante qu’elle détient et c’est également son dernier recours. Elle évite au maximum de l’utiliser car il lui arrive souvent de perdre connaissance suite à son exécution. Pour cela, elle rassemble toute la colère et la souffrance qui couve en elle et fait apparaître un énorme tigre de glace de deux mètre de haut qui pousse un rugissement horrifiant et créé ainsi des milliers de stalactites qui tombent sur l’ennemi et de stalagmites qui sortent du sol, puis le félin, si l’adversaire et toujours debout bondit sur l’ennemi, l’attrape entre ses puissantes mâchoires et expire alors un souffle glacé qui a pour effet d’emprisonner la victime dans une prison de glace très résistante…

Hyôton : Obake Musha (L’apparition des guerriers)
Selon la quantité de Chakra utilisé, l’utilisateur crée autour de l’ennemi des sortes de zombie de neiges. Ils ne sont pas très résistants mais peuvent devenir très gênants notamment lorsqu’ils sont en grand nombres. Lorsqu’ils sont vaincus, ces sbires, produisent une petite explosion, qu’il vaut mieux évier car elle peut entraîner quelques dommages physiques…


Invocation


Kuchiyose : Kage Tori Washi (Invocation : l’ombre de l’oiseau)
Il s’agit d’invoquer un aigle majestueux du nom de Katori parfait pour le repérage, pour les missions de pistage et également pour faire parvenir rapidement et discrètement des messages importants… Il est extrêmement rapide et d’une fidélité à toute épreuve.

Kuchiyose : Kyojin Washi ( Invocation : l’aigle géant)
Kyojin est un aigle géant. Il est le « roi » des aigles au même titre que Gamabunta est le « roi » des grenouilles. Il l’autorise à grimpé sur son dos au plumage soyeux et cela s’avère très pratique pour les long voyage. Comme Katori, dont il est le père, il est très rapide… mais absolument pas du tout discret…


Description physique : Yumi’ est une jeune fille de petite taille au corps menue et bien proportionné. On la qualifie sans mal de mignonne. Ses grand yeux violet malgré leur handicap sont restés étrangement expressifs et sont mis en valeur par un teint de nacré et de long cils agréablement recourbés. Son petit nez droit, ses fines lèvres font d’elle une adolescente des plus charmantes. Elle possède des cheveux roses, brillants et soyeux qui viennent souvent entraver son champ visuel, même si cela ne la gêne nullement. Elle détient un côté mystérieux et insaisissable qui la rend des plus attirantes. Il émane d’elle une douceur et une bonté naturelle qu’elle ne parvient pas à cacher au même titre que sa fragilité et également quelque chose de plus subtile, une sorte d’animalité envoutante. Son signe distinctif est sans aucun doute cet étrange tatouage qui coure sur tout le côté droit de son joli minois.
Ses tenues sont toutes plus insolites les unes que les autres et mettent habilement en valeur ses formes déjà généreuses et gracieuse.
Son dos est parsemé de fines cicatrices, vestiges d’une époque révolue…
Ses traits harmonieux, l’ovale parfait se son visage et sa peau laiteuse lui donne une élégance, un charme que très peut peuvent se vanter de détenir… Beaucoup jalouse son physique si délicat qui lui fait ressembler à l’une de ses poupées de collection que l’on entrepose soigneusement par peur de les abîmer… Toutefois notre petite adolescente est plus résistante qu’il n’y paraît et ne craint nullement de se « briser » car le temps à prouver que sa solidité n’avait quasiment aucun égal dans ce bas monde… Et s’il est vrai qu’elle paraît précieuse et prête à voler en éclat, il ne faut pas se fier aux apparences…


Caractère : La jeune fille tente d’afficher en permanence une façade qui dissimule sa souffrance et ses doutes…même si cela lui est très difficile en vue de sa nature expressive et incroyablement sensible. Elle perçoit intensément chaque chose que ce soit ses émotions ou le monde qui l’entoure. On pourrait aisément la qualifier de fragile et de vulnérable, mais toutefois elle montre généralement une assurance et une sûreté totalement feinte.
Néanmoins, elle a réussi à se forger un certain caractère et elle aime que l’on lui tienne tête (ce que peu peuvent se vanter de faire…). Au plus profond d’elle, Yumi’ n’a pas grandit, elle est encore cette enfant en attente de réponses et d’affection qui regarde ce qui l’entoure avec de grands yeux étonnés… Cependant elle a apprit à faire preuve de détermination et d’impassibilité. Elle cache habilement son ressentit mais lorsque quelque chose ne lui plaît pas, elle est la première à le dire.
La kunoichi peine énormément pour formuler ses pensées qu’elle a dissimulées trop longtemps et lorsqu’elle décide de les exprimer elle a tendances à le faire de façon maladroite…
En vérité elle se fait passer pour ce qu’elle n’est pas afin de se protéger tant est si bien qu’elle-même finit par y croire. L’adolescente refuse de reconnaître sa faiblesse et sa peur incontrôlable de solitude et surtout de la mort…
Une autre de ses particuarités est d'être personne assez solitaire et ce bien malgré elle, même si elle essaye ardemment de se convaincre qu’elle n’a pas besoin de compagnie, qu’elle n’en a jamais eu besoin…
Elle se répète encore et encore que les « autres » ne peuvent rien lui apporter…
Elle n’est donc pas habituée à la compagnie et elle se sent mal à l’aise en présence d’autrui… et ce n’est pas sans raison…
Elle a peur pour eux et également pour elle-même… En effet, la vision qu’elle à d’elle est très négative et ce qui l’effraie le plus n’est autre que sa propre personne…
Il ne faut pas oublier de dire que Yumika éprouve une méfiance sans borne pour tout et tout le monde et à toujours l’impression que l’on va la trahir… pour cela elle n’accorde sa confiance à personne…
L’héritière des Kanawaki se moque éperdument des impressions des autres, considérant que ce qui importe est uniquement son bien-être… Ou du moins, essaye-t-elle de s’en convaincre…
Elle est très exigeante envers ses proches et réclame d'eux un comportement frisant la perfection. Elle est donc très régulièrement déçut. Mais celle avec qui elle est la plus exigeante c’est bien elle-même…
Pour être exacte, elle se déteste au même titre qu’elle déteste ce monde dans lequel elle évolue…
C’est un être rongé par la culpabilité et hanté par des visions cruelles que bien peu ne pourrait supporter…
Comme une litanie douloureuse, elle réitère mentalement sa fausse conviction de n’avoir peur de personne.
S’il lui faut tuer, elle le fait sans hésitation bien qu’elle en tira de lourds remords par la suite… Mais n’est-elle pas née pour tuer et faire le mal ?
Yumika recherche une raison de vivre avec la force du désespoir, une réponse à ses interrogations perpétuelles… Elle est prête à tout pour y parvenir !
La jeune fille à un goût prononcer pour les promenades nocturnes qu’elle fait dans la plus totale discrétion, afin de se plonger dans d’intenses réflexions où les souvenirs ne sont pas permis…
De plus, je dois préciser que notre petite adolescente est entièrement aveugle et parle peu, trouvant cela totalement inutile. Elle a d’ailleurs une préférence pour la discussion mentale…
A noter que l'adolescente est parfois victime d'étranges crises allant d'une simple poussée de fièvre aux convulsions… Cela étant sans contexte lié à la lutte interne menée entre son esprit et celui du Dieu qui ne rêve que de prendre le contôle total de son corps…
Un dernier « détail »… Yumi’ fait d’étranges songes… que l’on pourrait plutôt cataloguer de cauchemars où elle voit le passé qu’il soit lointain et séculaire ou incroyablement proches et parfois, même c’est plutôt rare, elle visualise le futur… Ce don provenant sans aucun doute de la déité qui sommeil en elle…


Histoire :

Toute histoire à un commencement… Toute histoire à une fin…
Celle-ci débute il y a fort longtemps à une époque effacée de la mémoire des humains…
Une histoire que seul le vent soufflant dans les branches des arbres séculaires peut encore nous conter. Tendez l’oreille et vous entendrez peut-être ce que beaucoup prennent pour un mythe, une légende… et qui a régi par le passé et régira encore la vie de biens des Hommes…


Autrefois, la terre était dirigée par cinq grandes puissances que l’on pourrait aisément associer à ce que nous nommons des « Dieux »…
Il y avait d’abord Byakko le Tigre blanc, puis venait Suzaku le Phénix, ensuite Seiryu le Dragon et enfin Gembu la Tortue-serpent… Le cinquième était à part, seuls les animaux lui vouaient un culte, et l’indifférence des humains le rendait terriblement jaloux, aussi ne s’entendait-il pas avec les autres et voulait agir en solitaire, désireux de gagner une certaine reconnaissance. Mais un jour sinistre, il manqua d’aller trop loin et ses frères se révoltèrent…
Par sa faute, une horrible guerre éclata mêlant malgré eux les êtres qui les idolâtraient… Le cinquième fut vaincu et sévèrement puni… On l’envoya sur Terre, et l’on ne lui laissa comme privilège que celui de dominer les douze animaux du zodiaque chinois qui s’étaient unis à lui dans ce conflit… Dès lors ceux-ci se montrèrent d’une fidélité à toute épreuve mais se virent contraints à fusionner avec un Homme, leur Dieu n’étant plus capable d’assurer leur survie en tant qu’entité unique…

Ce fut la naissance du clan Kanawaki… les maîtres du zodiaque chinois…
Méditant sa vengeance, le cinquième ne pouvait tolérer ce statut dégradant…
Il élabora longtemps, très longtemps, le plan idéal pour faire regretter à ses pairs leur comportement…
Pendant ce temps, les quatre puissances restantes récupérées de cette lutte acharnée qu’ils avaient due mener…
Mais Byakko, le tigre blanc, était blessé dans son orgueil et s’était sentit trahit, lorsque le chat, seul animal zodiacal pour qu’il avait de l’estime et également le seul à ne pas obéir aveuglément au cinquième s’était dressé contre lui et s’était battu au côté de l’ennemi…
Pourquoi avait-il fait cela ? Nul ne le sut jamais… Sans doute fut-il manipulé comme tant d’autres…
Quoi qu’il en soit, le félin divin avait pour caractéristique d’être extrêmement rancunier aussi décida-t-il de punir le chat impudent et mit en place une malédiction aussi cruelle que terrible…
Le chat, qui avait prit les traits d’un magnifique garçon, fut d’abord évincé du zodiaque et l’on brisa l’unité des treize… Mais Byakko ne s’arrêta pas là… Il fit en sorte que personne ne puisse plus aimer le chat, qu’il ne puisse susciter qu’aversion et dégoût…

Le temps s’écoula et la malédiction s’estompa offrant au malheureux animal la possibilité d’être aimer par un membre de son clan ou par une autre personne étroitement liée aux animaux…
Les années s’écoulèrent ainsi et les perdants subirent leur châtiment sans se révolter… Tous ? Non, le cinquième qui ne l’entendait pas de cette oreille organisait depuis tout ce temps et en secret une nouvelle bataille…
Celle-ci eut lieu… inévitablement… Et tous en ressortirent affaiblis… Les autres Dieux, à leur tour, durent fusionner avec un humain afin de survivre et le cinquième fut totalement anéantis…
Depuis ce jour, les Dieux cherchent le moyen de retrouver leur puissance mais leur alliance aux humains leur ont fait perdre beaucoup de leur puissance et ils ne peuvent pour l’instant que vivre ainsi, se remémorant l’époque bénit où il gouvernait le monde et où l’on s’inclinait devant eux…

Quand leur réceptacle arrivait à la fin de sa vie, le Dieu cherchait activement le prochain qui serait digne de recevoir ce don…
Et leur existence continua ainsi et d’après la légende, ceci n’aura de fin que lorsque de nouveau ils pourront asservir les humains et leur faire reconnaître une énième fois leur supériorité…
Ce récit est incomplet et d'innombrables rumeurs circulent encore à ce sujet… mais une chose est sûre et personne ne cherche à nier cette vérité : la réincarnation des Dieux fut chaque fois annonciatrice funeste d’un terrible désastre…



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Naissance


La femme haleta… Elle avait froid maintenant, mais surtout elle avait mal… Les élancements dans son bas ventre reprirent de plus belle… Le corps tremblant et en nage, elle faisait tout pour ne pas abandonner, pour ne pas succomber à la fièvre et pour concentrer ses forces vers son unique objectif : réussir ! Ne surtout pas échouer ! Elle devait le faire… Pour lui… pour eux ! Et puis, « lui », son mari, le désirait tellement cet héritier… L'hôpital était trop éloigné et le travail, déjà trop amorcé : la transporter aurait été plus nocif que tout… Elle devait donc mettre au monde son enfant ici, avec le matériel précaire que l’on avait put trouver et dans des conditions d’hygiène plus que médiocres… Dans la douleur, seulement assistée du médecin local qui avait pu se déplacer à son chevet, elle se remit à contracter ses muscles, soufflant, gémissant, suffocant, se concentrant au maximum pour oublier cette sensation de déchirure … et surtout pour écouter les indications du docteur. Dieux que c'était dur, douloureux ! Elle revit brièvement le visage tant chéri de son amant auquel se superposa bien vite celui plus dur de celui qu’elle avait dû épouser… Oh, il n’était pas méchant et même s’il l’était elle n’en aurait rien sut tant il était souvent éloigné pour affaire… mais elle n’éprouvait aucune once d’amour pour lui… Non, ses sentiments étaient tous tournés vers le père du bébé à naître…
Celui à qui elle avait été promise n’en savait rien bien entendu et était persuadé d’être le géniteur mais il se trompait lourdement… Lorsque que la procréation s’était faite, il était à Iwa, négociant Dieux seuls savaient quoi… Une partie d’elle culpabilisait, honteuse de cet acte odieux, mais comment nier son ressenti pour le responsable de ses infidélités ?!…
Alors tant pis, elle mentirait… pour elle et pour celui qui déchirait ses entrailles… Aux yeux des autres, il serait le digne fils du chef de clan… l’héritier des Kanawaki…
Ses oreilles bourdonnaient sous l'effort et sa tête semblait prise dans un étau qui se resserrait lentement… Elle entendait de loin, comme dans un bocal… L’angoisse la reprit. Elle ne devait pas faiblir pas maintenant ! Elle ne devait pas s’évanouir… Elle devait… mais déjà elle ne distinguait plus le visage inquiet penché au dessus d’elle… Tout était flou, alors elle ferma les paupières… Juste une minute… juste un tout petit peu de repos et après elle se remettrait au travail et donnerait naissance à un merveilleux garçon… Juste… une… petite minute…


Dans une petite pièce sombre, un homme à la large carrure attendait avec impatience… Assis sur une petite chaise en bois vulgaire qui craquait à chacun de ses mouvements, les coudes posés sur les genoux et le visage réfugié entre de larges mains, l’adulte restait immobile. Seule l’une de ses jambes, agitait de tics nerveux prouvait qu’il était bien vivant ainsi que les perle de sueur qui glissaient le long de ses tempes… Sa respiration saccadée reflétait l’angoisse qui l’habitait et l’appréhension qui le rongeait de l’intérieur…
Soudain dans le silence tout juste tombé, un petit cri s’éleva, faisant sursauter le malheureux, suivi de pleurs qui ne tardèrent pas à disparaître…
Nouveau silence, bien plus pesant…
Au bout d’un court moment qui lui parut une éternité, la porte grinça discrètement, comme à son habitude, s’ouvrant suffisamment pour laisser apparaître la silhouette filiforme du médecin familial qui tenait au creux de ses bras un petit paquet de langes…
Aussitôt, celui qui venait d’être promu au rang de père se redressa et se précipita vers celle-ci… Néanmoins, il se figea brutalement à quelques mètres en apercevant la mine lugubre qu’arborait le soignant…

« - Que ? … Akemi ?! Comment va Akemi ?! S’exclama-t-il.»

L’homme en blouse blanche baissa tristement la tête et lui tendit le nouveau-né bien emmitouflé…

«- Navré, Monsieur Kanawaki… Mais, elle n’a pas survécue… C’est tout ce qu’il reste d’elle, désormais… »

Les yeux du veuf écarquillés par l’horreur de cette révélation laissèrent s’échapper un flot de larmes ininterrompu pendant plusieurs minutes malgré les efforts de l’autre pour le consoler… Plus rien ne comptait, sa douce, sa belle, sa merveilleuse Akemi avait rejoint l’autre monde… Et il n’avait jamais eu l’occasion de lui dire ou de lui prouver combien il l’aimait ! Et maintenant, il était seul ! Seul ? Non, il lui restait toujours le clan et aussi… l’arme du crime… le meurtrier…
Un léger gazouillis le fit revenir à la réalité…
Il jeta un regard emplit de toute la haine et le dégoût qu’il lui inspirait au nourrisson qui venait de produire ce petit son et qui était à présent profondément endormi… Sans se douter un seule seul instant qu’il allait être l’objet d’une rage que l’on ne peut apaiser…
Furibond, le chef du clan bouscula son interlocuteur et se rua dans la salle où la défunte venait d’enfanter pour la première et dernière fois… Arrivé à hauteur de ce grand lit marital où les draps autrefois immaculés avait prient une teinte vermeille, il s’effondra sur le corps féminin et inerte… Maudissant ce destin cruel qui avait dérobé en une fraction de seconde cet avenir merveilleux qu’il s’était imaginé, cette grande famille qu’il rêvait de former et qui ne verrait jamais le jour ; suppliant cet être tant chéri de revenir auprès de lui, de ne pas l’abandonner…
Ce mariage avait été arrangé mais il l’avait toujours aimé et ce dès le premier instant… Dès qu’il l’avait vu se retourner vers lui et faire une grimace à son frère qui se tenait derrière lui… Quel âge avait-elle alors ? Huit ans, neuf peut-être bien… Et jamais son cœur n’avait cesser de bondir dans sa poitrine en songeant à elle… mais il ne le lui avait jamais témoigner cela, bien trop arrogant pour cela…
Avec des gestes lent, il caressa les cheveux de cette femme-enfant au visage si paisible à présent que l’on eut crut qu’elle était simplement endormie… et, en regardant de plus près on pouvait même voir l’ébauche d’un sourire…
D’incontrôlables sanglots le secouèrent alors… et avec des gestes empreints de folie, il commença à secouer violemment son épouse la sommant de se réveiller, hurlant que son heure n’était pas venu et qu’elle n’avait pas le droit de partir ainsi avant même qu’il ne soit parvenu à gagner son amour !
Le docteur se rua immédiatement vers lui et l’immobilisa de force, lui ordonnant de se calmer et lui répétant doucement que tout était fini et qu’elle n’avait pas souffert… Le praticien savait que c’était un mensonge, que la jeune femme avait été submergée par la douleur et avait fait preuve d’un courage exemplaire… Mais il ne pouvait décemment le lui avouer… Il posa alors des doigts amicaux sur l’épaule de cet homme désespéré mais ne reçus en récompense qu’un regard chargé de mépris et de rancœur…

«- C’est votre faute à vous aussi !!! Partez ! … PARTEZ VOUS M’ENTENDEZ !!! PARTEZ !
- Mais… Mais Monsieur… votre fille ?
- Ma… fille ? Une fille ! S’exclama-t-il avec une grimace de dégout… C’est un monstre ! Ce n’est pas ma fille ! Croyez-vous que je l’ignorais ! Je sais pertinemment que je ne peux avoir d’enfant ! Ce gosse est un bâtard et ce n’est même pas un garçon ! Emmenez-moi ça loin d’ici ! Faites-en ce que bon vous plairas, ça ne me concerne pas ! MAINTENANT PARTEZ !
- Je… Monsieur… je vais la confier à sa tante, Madame votre sœur… pour lorsque vous serez dans de meilleurs dispositions… Je ne vous demande qu’une chose et je m’en irais… Son nom ?
- Quelle importance ! Cette chose n’en a pas besoin !
- Je… me dois d’insister… Voyez-vous, Monsieur, c’est pour l’administration et…
- Yumika ! C’est ce qu’Akemi voulait je crois ! Maintenant hors de ma vue ! Emportez-la avec vous ! Je ne veux jamais vous revoir !!! »


Le bébé paniqué par tout ce bruit commença à pleurer et son géniteur agrippa fermement la lampe en porcelaine posée sur la table de chevet et la lança dans sa direction sans réelle intention de le blesser, … non… juste dans l’espoir d’atténuer sa colère et de le faire taire… Seule sa tristesse avait de la valeur… seule Akemi avait de l’importance…
Stupéfait et partiellement effrayé, le médecin s’empressa d’emporter loin d’ici ce petit être fragile, sans imaginer un seul instant le futur qui lui était réservé…


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Enfance


« - Yumi’ ! Dépêche-toi un peu ! Mais qu’est-ce que tu fais ?! »

Une femme de grande taille déboula à toute vitesse dans le jardin où, assit dans l’herbe rendue blanche par les flocons qui continuaient inlassablement de tomber, jouait une petite fille…
Celle-ci, à l’entente de son prénom, posa sur elle des yeux clairs et envoutants, tandis qu’un sourire juvénile étirait son visage rond et charmant… qui la rendait si mignonne…

« - Oh Yumika ! Regarde-toi maintenant ! S’exclama la nouvelle venue, les poings sur les hanches, la mine sévère »

Elle s’approcha de la fillette et la força à se redresser. La petite, elle, ne se départit pas de son sourire mutin… Sans ménagement, l’adulte épousseta les vêtements autrefois d’un blanc immaculé, secouant la tête avec exaspération et grommelant d’incompréhensibles paroles…

« - Tu es pleine de terre ! Regarde-moi ça ! Je te quitte des yeux deux secondes et tu trouves le moyen de te salir ! Je t’avais dit de ne pas quitter la maison ! … Bon suis-moi, je vais te trouver une autre tenue… Aujourd’hui c’est un grand jour, tu le sais bien pourtant ! Aujourd’hui…
- Papa ! »[/color]


La tante de l’enfant ne put que s’attendrir devant le regard pétillant de sa nièce… Elle s’accroupit à sa hauteur, posa la main sur le haut de son crâne et caressa tendrement la masse soyeuse de ses cheveux… Front à front, elle sentit les doigts encore boudinés de cet être innocent, enlacer son cou… Cette étreinte ne dura pas longtemps, car elle se recula, fixant ses prunelles dans les siennes pour donner de l’importance aux mots qui allaient suivre.

« - Oui… papa… Ton papa rentre de voyage aujourd’hui… Je sais que tu es contente mais il faudra être bien sage et très calme, comme je te l’ai dis hier… On répète une dernière fois : pas de bêtises, tu ne coupe pas la parole aux grandes personnes et tu restes calme, tu manges proprement et tu attends que l’on te dise de sortir de tables pour le faire… Tu m’as bien compris, Yumi’? … C’est très important »

L’intéressée hocha finalement la tête puis après avoir sentit une petite tape dans le bas de son dos, l’incitant à filer, partit en courant vers la chambre qui lui était réservée…
Restée seule, la mine de la femme s’assombrit nettement…
Elle allait voir son père pour la troisième fois seulement… Quatre années s’étaient écoulées depuis que le soignant la lui avait apporté et son frère n’était presque jamais venu prendre des nouvelles de son enfant… Elle savait qu’il était débordé, après tout il était le chef de leur clan mais tout de même… Elle ne pouvait s’empêchait de le lui reprocher… Et concernant cette entrevue, elle craignait le pire et était convaincue que cette petite dont elle avait la charge n’en ressortirait pas indemne… Elle était trop jeune pour s’en souvenir mais leur dernière rencontre n’avait pas été glorieuse et s’était toujours finit en violente dispute… Et Yumika qui mettait tant d’espoir dans cette rencontre, ne parlant plus que de ça et faisant l’éloge de ce père inconnu ! Cette situation était terriblement délicate !
Elle le savait, l’enfant ne cessait de se poser des questions sur sa famille… et aussi sur ses origines et sur les cauchemars qui l’agitaient dès qu’elle fermait les yeux… des interrogations auxquelles elle ne pouvait apporter aucune réponse…

~« - Et maman, tante Ayumi ? Comment elle était ? Pourquoi elle est pas là ?[/color]
- … Ta maman… et bien… S’était une personne très douce et très gentille qui t’aimait beaucoup et ce même avant ta naissance… et, comme je te l’ai expliqué, ta maman a rejoint le monde des anges maintenant…
- … C’est loin le monde des anges ? Je pourrais aller la voir un jour ? … Parce que moi, … elle me manque ! Et que je dois lui montrer plein de trucs ! … … Je pourrai hein ? Hein, tante Ayumi que je pourrai bientôt ?
- Ne fais pas cette tête… Non ! Ne pleure pas, ma petite Yumi’ ! Ta maman ne voudrait pas que tu pleures ! Elle te regarde de là-haut, tu sais. Elle veille sur toi, même si toi, tu ne la vois pas… Elle vit en toi, dans ton cœur et elle t’aime très fort… alors tu ne dois pas être triste… »

Elle avait alors prit la petite fille dans ses bras et l’avait bercé longuement, espérant pouvoir un jour lui servir de substitut… ~


Yumika était très en avance pour son âge et répondre à toutes ces questions était très éprouvant pour sa tutrice…
Lorsqu’elle demandait où était son géniteur ? Comment lui avouer qu’il l’avait lâchement abandonné aux soins de sa sœur et continuait à vivre sans se préoccuper de sa descendance, gérant le clan du main de fer et semblant avoir complètement oublier l’existence de sa fille ?
Et comment lui dire que si sa mère n’était plus près de d’elle c’était qu’elle avait offert sa vie en échange de la sienne ?
Comme elle avait honte de son frère, désormais ! S’il savait à quel point sa fille était adorable, comme il regretterait de l’avoir délaissé de la sorte !
Elle ne sortit de sa rêverie qu’en voyant sa protégée dans un accoutrement qui aurait fait rire le plus impassible des Kages… Elle ne put retenir un petit rire et se mit donc à l’œuvre pour redonner à l’enfant un semblant d’allure…
Lorsque ce fut fait elle ne put qu’admirer le résultat même si pour sa part elle ne semblait pas apprécier le travail, comme le lui signifia une petite grimace dépitée.
Elle avait toujours préféré être à l’aise. Cette fois pas question de courir et de s’amuser au risque d’abimer la jolie petite robe qui lui saillait parfaitement, comme le lui rappela fermement sa tante !
Quatre coups frappés à la porte lui signalèrent qu’il était arrivé… Cet instant de complicité importunément interrompu laissa un goût amer à la fillette qui s’empressa de mettre de l’ordre dans la pièce tandis que la femme s’éloignait afin d’accomplir son devoir d’hôte…
C’est à peine si elle reconnut son frère dans l’encadrement de la porte, toutefois elle le fit entrer, arborant un large sourire…

«- Ça faisait longtemps…
- Oui… Où est-elle ?
- Dans sa chambre… elle range le foin qu’il y a mit, l’informa t’elle sur le ton de la plaisanterie.
- Fais-la descendre…
- … Très bien, je… je vais la chercher, assied-toi en attendant… »


Et ce fut des retrouvailles qu’elle n’était pas prête d’oublier…
Le père et la fille se dévisageaient tels des bêtes curieuses sans prononcer la moindre phrase…
L’enfant devait être très impressionnée…
Le repas se déroula ainsi : morne et silencieux…
D’ordinaire pourtant le déjeuner était bercé par le babillage incessant de la fillette… Et ce silence la mettait profondément mal à l’aise.
A quoi pensaient-ils tout les deux ? Qu’est-ce qui tracassait ainsi sa nièce ?
Elle s’agita légèrement sur son siège, gratifiant Yumika d’un regard bienveillant. La tension de cette dernière était palpable et elle était tellement nerveuse qu’elle enchainait les maladresses sous l’expression impénétrable de l’inconnu…
Lorsque le désert fut servit, l’enfant leva vers l’homme un regard timide et rencontra des yeux sombres et foudroyant qui le firent frémir.
Assit en bout de table, il retourna à la contemplation de son assiette sans plus prêter attention à la petite qui chercha du réconfort auprès de sa tutrice…
Sans trop comprendre pourquoi, elle avait la certitude que cet homme ne l’aimait pas… Tremblant elle porta son verre à ses lèvres entrouvertes, mais son état d’agitation intérieur le lui fit lâcher…
Il se brisa sur le sol avec un fracas qui fit venir les larmes aux yeux de la petite…

« - … Gomen’, tante Ayumi…[/color]
- Ce n’est rien, mon cœur. Je vais ramasser…
- Non ! Tonna une voix masculine qui fit sursauter la descendante de celui à qui elle appartenait… Laisse-la faire ! C’est SA faute ! »


Sa faute… Yumi’ fixa celui qui venait de crier avec une perplexité et une incompréhension bouleversante… Bien sûr qu’elle était responsable de cette bêtise mais elle avait l’impression que cet étranger ne parlait pas de ça… Qu’il l’accusait de quelque chose de bien pire…
La femme tressaillit quant à elle, et se leva sans prêter attention à son frère.
Cependant celui-ci l’imita bientôt et la retint fermement par le bras.

« - Lève-toi, Yumika ! Et obéis ! »

L’intéressée ne put retenir de violents sanglots et se cacha le visage de ses petites mains. Elle était effrayée par cette colère perceptible dont elle ne saisissait pas l’origine… Elle, tout ce qu’elle voulait c’était que le « méchant monsieur » s’en aille et laisse tranquille tante Ayumi !
Avec un courage enfantin teinté d’inconscience, elle lança d’une voix hésitante :

« - … Faut pas faire du mal à Tante Ayumi… »

La femme la regarda, pétrifiée…

~« - Tante Ayumi… Tu m’as dit qu’il fallait pas faire de mal aux gens mais… ceux qui sont morts, comme maman, on leur a fait du mal… et c’est pas une bonne chose, si ?
- … … La mort ce n’est ni bon, ni mauvais, Yumi’…
- Si c’est mauvais… La mort c’est une vilaine chose, pas bonne ! Pas bonne parce qu’elle m’a enlevé maman ! »

Elle avait souri, sans savoir quoi répondre, et avait ébouriffé sa chevelure brillante maudissant intérieurement ce sort trop cruel… ~


« - Tu oublis à qui tu t’adresse, bâtarde ! Ici, je suis le chef ! J’ai tout les droits ! Je peux faire ce que je veux de ta tante et de toi, tu m’entends ?! Maintenant obéis avant que je ne m’énerve !
- Nobuo ! Protesta avec virulence la responsable de la petite qui plaça de nouveau ses petits poings devant son visage froissé par le chagrin et la peur.
- Tais-toi ! Elle est ma fille, …certes, elle est illégitime, mais que tu le veuille ou non, elle m’appartient ! … Au même titre que toi !
- Mais à qui crois-tu parler ?! Et puis… Ta fille ?! En la laissant ici tu as clairement exprimé qu’elle ne l’était pas ! Elle n’est pas plus ta fille que la mienne désormais ! »


Le ton était monté et la dispute s’était poursuivie ainsi sous le regard terrorisé et embué du sujet de cette altercation qui n’y comprenait absolument rien…
Bientôt un calme relatif revint et ils retournèrent à leur place oubliant le malheureux verre dont les morceaux étaient encore éparpillés sur le plancher…
A bout de nerf, la petite fille, n’y tenant plus, intervint dans un souffle… Son murmure aurait pu passer inaperçu si le silence ne s’était pas abattu l’espace d’un dixième de secondes… Mais malheureusement, ils l’entendirent distinctement…

« -Tante Ayumi… Est-ce que je suis une vilaine fille ?
- Mais non, ma chérie ! Pourquoi penses-tu ça ? Répondit-elle précipitamment, surprise.
- Pourquoi papa m’aime pas alors ? »


L’homme arrêta sa cuillère à mi-chemin tandis que la femme devenait un peu plus pâle. Elle eut presque l'impression que l'air se gelait dans la cuisine et regretta presque instantanément d'avoir posé la question, même si elle l'obsédait depuis quelques temps déjà…
L’homme repoussa violement son assiette et dévisagea son héritière sans ciller…

« - Yumi’, commença sa tutrice d'une voix qu'elle voulut la plus sûre et la plus douce possible. Ton père t'aime voyons…
- C'est que… hésita-t-elle un instant. »


De nouveau celui que tous prenait pour son géniteur se leva, fit le tour de la table… La silhouette menaçante qui se rapprochait dangereusement fit se recroqueviller la fillette. Mais ce ne fut pas cela qui empêcha les événements de se dérouler de la sorte… Une large main se posa sur son épaule frêle… mais ce geste n’avait rien d’amical ni de paternel…
L’enfant sentait les doigts s’enfoncer dans son articulation comme les serres d’un rapace, lui arrachant une grimace de douleur…

« - Tu réponds à ta tante ?! »

Les serres se resserrèrent encore et un faible gémissement lui échappa. La femme elle, n'osait pas bouger, les yeux rivés sur son frère comme si elle voyait un fantôme…

« - Non…Non… fit Yumika pour obtenir la libération de son épaule qui commençait à être franchement douloureuse. »

Mais, les serres bien loin de relâcher leur emprise allèrent plus profondément encore dans sa peau… La gamine avait véritablement peur, cette fois… mais elle s’empêcha de pleurer encore sachant intuitivement que cela ne ferait que renforcer la rage de l’adulte…

« - Redis-le bien, que ta tante entende !
- Non, je répondrai plus ! »


L’homme relâcha lentement sa prise, comme à regret et la petite fille ne put s'empêcher de porter sa main à l'épaule pour la masser. Les griffes étaient parties, mais elles avaient oublié d'emporter leur douleur avec elles…
Son père retourna s'asseoir en lui jetant un coup d'œil méprisant.

« - Tu n'es qu'une fillette trop gâtée ! J'ai bien l'intention que ça change, ça ! Puisqu’il me faut un héritier et que je n’ai que toi…
- Nobuo !
- Ayumi, tais-toi ! »


Le ton était cassant. Sans réplique possible… Yumika se maudit d'avoir posé sa fichue question mais n’eut pas le temps de méditer plus longtemps que de nouveau une voix s’éleva à son attention…

« - Tu as intérêt à te monter digne de ce rôle… J’y veillerai personnellement… De plus, par malheur, tu es le Tigre… je n’ai plus d’autres choix désormais… ils te réclament… Je ne tolérerai aucun écart de comportement ! Maintenant… tu vas te coucher et tout de suite !
- Mais elle n'a pas finie de… Objecta la tutrice de la petite
- Justement, c'est le début de son renforcement. Tu la chouchoutes et l'élèves dans la soie, c'est normal qu'elle ait un caractère pareil, aussi ramollis, habituée à tout avoir comme elle l’est ! Tu vas voir, je vais prendre son éducation en main et redresser la barre, moi !
- Je … »


Et les propos se refirent incisifs chacun défendant son opinion avec une férocité et une aversion réciproque… De nouveau la fillette fut le triste spectateur de ce drame jusqu’à ce que sa tante, dans un élan de bonté et de lucidité, lui ordonna de quitter la pièce ce qu’elle fit sans se faire prier malgré les appels enragés de son géniteur…
Comme toujours, elle courut en direction du jardin enneigé et laissa enfin éclater sa tristesse et son angoisse… Seule avec ses questions… Quelle était cette histoire de Tigre ? Qui la réclamait ? Et pourquoi son père avait-il ce regard démoniaque ?
Yumika n'aimait pas du tout l'attention que lui avait porté son père subitement ! Vraiment pas… Elle ne le connaissait même pas et puis… Avec quelqu'un pour qui un contact physique avec sa fille se résumait à lui broyer l'épaule, il ne fallait pas être devin pour supposer que l'éducation ne serait pas agréable… Elle ferma les yeux et pria pour que sa tante le fasse partir et pour que jamais il ne revienne !
Plus tard, celle-ci la retrouva et la rassura de son mieux, lui disant qu’il était partit et que tout allait bien… Longuement l’enfant sanglota malgré le refuge des bras que lui offrait « la grande personne »…
L’héritière des Kanawaki s’endormit ainsi et c’est avec milles précautions que sa tutrice le déposa dans son petit lit d’enfant et la borda avec amour… Loin de s’imaginer comment allaient tourner les choses… loin de soupçonner que sa vie allait devenir un véritable calvaire…


---------------------------------------------


Les semaines s’écoulèrent paisiblement, se transformant en année et elles n’eurent plus aucune nouvelle de ce père indigne… Si bien qu’elles s’empressèrent d’effacer de leur mieux cette entrevue de leur mémoire, essayant de vivre dans l’insouciance… Chaque jour ressemblait au précédant, Yumi’ écoutant attentivement les leçons et conseils de sa tante, se laissant entourer par son amour et le lui rendant bien… Elle comptait plus que tout aux yeux de l’enfant qui la voyait un peu comme une véritable maman… Celle qui lui faisait défaut…
La petite ne sortait pour ainsi dire jamais de la résidence de sa tante, si sentant en sécurité et trouvant chez elle tout ce qu’il lui fallait. De plus, son père leur avait dit d’éviter de se montrer en public… alors elles obéissaient… Parfois, la compagnie des autres enfants lui manquaient quand elle les entendait s’amuser au delà des murs qui la séparaient du reste du clan… mais la présence de sa tante parvenait encore à les lui faire oublier…
Dans leur bulle, la menace qui planait au dessus de la fillette paraissait futile et illusoire… Elle le protégerait… Elle en avait la conviction… Comme l’hématome s’était effacé de son dos, la peur avait quitté son cœur…
Mais cet optimisme, cette candeur allait prendre fin plus vite que prévu…
Un soir, un bruit éveilla Yumika qui après avoir chassé les dernière brides de sommeil de ses petits yeux s’empressa d’aller voir ce qui se passait avec la curiosité liée à son jeune âge… On aurait put croire qu’une bagarre se déroulait dans la cuisine… Bientôt l’inquiétude gagna son petit corps tremblant…

« - Tante Ayumi ? … Tante Ayumi ? »

Aucune réponse… Bravement, elle continua à avancer en provenance de ce bruit… Elle sursauta lorsqu’une porte grinça… Habituée à cette maison, elle en déduit qu’il seulement s’agissait de la porte d’entrée… Sûrement le vent… Sans trop savoir pourquoi elle se mit à courir dans cette direction et ce heurta à quelque chose de dur qui la renversa en arrière… Face à elle se dressait un homme dont elle ne pouvait rien voir en raison de l’obscurité ambiance… Yumi’ n’avait même pas songé à allumer la lumière tant elle connaissait cet endroit ! Allongée sur le dos, la petite recula de son mieux…[/color]

« - … Retourne te coucher… »

Ce ton, ce timbre ! Ce ne pouvait-être lui ! Pourtant, elle était persuadé qu’il s’agissait bien de son père…

« - Pa… papa ? Demanda-t-elle timidement »

Elle n’obtint aucune réponse et l’individu s’éloigna… Paniquée, la petite fille se redressa et courut dans la chambre de sa tutrice… Il n’y avait aucune trace d’elle… Toute la maison fut fouillée par l’enfant… jusqu’à ce que la petite Yumika atteigne la dernière pièce… Elle était là… … mais la vie l’avait déjà quitté… Son corps inanimé pendait au bout d’une corde solide… Il fallut quelques instants à la fillette pour réaliser… Lorsqu’elle comprit la situation, elle se mit à hurler de toute la force des poumons et se laissa tomber sur le sol, nauséeuse, implorant sa « mère adoptive » de revenir…
De nouveau, elle était seule…


---------------------------------------------


Sept jours… Sept jours de cauchemars… Sept jours en enfer… Yumi’ ne pleurait pas… Elle n’y arrivait plus… Devant le cercueil, toute revêtue de noir, la petite restait immobile… Les gens la dévisageaient, comme horrifiés par ce manque d’effusion, par cet air impénétrable inhabituel chez un enfant… Mais, elle n’était pas une enfant comme les autres… Le traumatisme avait laissé en elle une marque profonde que rien ne pourrait jamais estomper… Une rose à la main, elle s’approcha de la défunte ou plutôt de ce qui lui servirait à présent de maison et y jeta la fleur, sans même regarder ses mains que les épines avaient transpercés, y laissant de petites plaies sanguinolentes… La douleur physique ne remplacerait jamais sa souffrance morale…
Certains adultes venaient lui parler mais le sens de leur propos lui échappait aussi ne répondait-elle pas, s’enfermant dans un mutisme persistant… Elle réfléchissait… Qu’est-ce que son père avait à voir là-dedans ? Etait-il vraiment présent ce soir là ? Bien sûr, elle l’avait dit aux enquêteurs mais personne ne l’avait crut, supposant qu’il s’agissait d’un rêve ou d’un moyen d’échappait à la cruelle réalité du suicide… Et puis, comment pouvait-elle oser accuser le chef du clan ?! Une personnalité intouchable chez les Kanawaki…
Depuis le décès de sa tante, Yumi’ s’était renfermée sur elle-même, perdant chaque jour un peu plus de cette vitalité, de cette gaieté, qui étaient siennes…

Une femme l’interpela et elle la suivit sans un mot.
Sur son passage elle entendait les murmures désapprobateurs et sentait chez eux une curiosité malsaine qui la fit tressaillir…

« - Qui s’est ?
- C’est sa fille… on dit qu’elle est le Tigre blanc…
- Le Tigre blanc ?! Impossible !
- Regarde la marque sur sa joue… c’est le signe…
- C'est la première fois qu'il se réincarne chez un membre du clan ! A croire qu'il veut nous narguer ! Comment ose-t-il revenir parmis nous, ici, après ce qu'il nous a fait ?!
- Calme toi, Iruka, il risque de nous entendre… crains la colère des Dieux ! … Surtout de celui-ci !
- J'ai compris… mais… »


Yumika décida de ne pas y prêter attention… De toute façon, elle ne comprenait pas…
La femme auprès de qui elle marchait silencieusement avait une allure austère et lui jetait de bref regard d’où s’échappaient avec une animosité palpable qu’elle essayait tant bien que mal de masquer… Elle tentait de se montrer gentille mais derrière ces airs amicaux se cachaient un mépris et une colère insoutenable qu’elle percevait très bien… mais dont elle ne voyait pas l’origine…
Elle n’apprit que bien plus tard que cette adulte était la sœur de sa génitrice…
L’enfant avait la désagréable impression qu’on lui cachait quelque chose d’important… que tous savait mais qu’on persistait à tenir secret… La « grande personne » était maigre,… trop maigre… tant qu’elle paraissait beaucoup plus vieille qu’elle ne l’était et son visage était sévère et ses traits tirés… Son aspect était un peu inquiétant… Cette tante dont elle ne savait rien lui reprochait quelque chose que la fillette ne comprenait pas et qu’elle aurait donné cher pour réparer… Quelle bêtise avait-elle commise ? Elle avait beau chercher, elle ne s’en souvenait pas…
Comment aurait-elle put songer qu’on ne lui reprochait ni plus ni moins que la mort d’une personne aimée ? Une mort dont elle n’était même pas directement responsable…
L’étrangère emmena la petite fille dans une grande pièce sombre et odorante…
Son père l’y rejoignit quelques minutes plus tard… A son entrée elle se tut mais lorsqu’il s’approcha d’elle, elle bondit violemment sur lui et commença à taper dans le vide essayant d’atteindre cet être si distant qu’elle appelait « papa »…
Il empoigna fréquemment son poignet et envoya sa main sur la joue de sa descendante qui s’effondra sur le sol en soufflant un simple « c’est toi… »
L’homme sourit… un sourire carnassier que jamais elle n’oublierait… un sourire annonciateur de tout ce qui allait advenir… annonciateur de la tournure des événements…
Lorsqu’elle fut calmée, il la fit s’asseoir face à lui et commença à lui expliquer qu’elle était la réincarnation de Byakko le tigre blanc, comme le prouvait le symbole qui parcourait son visage…
Il lui révéla l’importance conférée à ce Dieu, supérieur à tous les autres d’après la légende mais n’omis pas de parler de la crainte et de l’aversion qu’il aspirait en raison du sort qu’il avait réservé aux animaux du zodiaque…
En effet, certains membres du clan Kanawaki était possédés par l’esprit de ces derniers et la déité qui leur avait fait subir ce sort n’était pas très bien vue…
Il décréta ensuite qu’elle vivrait chez lui dorénavant…
Loin de l’enchanter, cette idée la terrifiait mais elle ne protesta pas, abasourdie par ces révélations…
Pourquoi donc Byakko l’avait choisit-elle ? Une fillette d’à peine six ans…
A cet instant, elle se sentit plus seule et plus désemparée que jamais… Comme elle aurait voulut se blottir contre sa tante Ayumi…
Au fond, elle lui en voulait de l’avoir abandonné ainsi mais n’osait pas le reconnaître, se le niant à elle-même…

La maison de son père n’était pas aussi luxueuse qu’aurait put le laisser supposer son rang… Elle était plus grande que les autres, certes, mais le vieux bois qui craquait sous leurs pieds ne mentait pas… La demeure était ancienne et bien peu entretenue… Mais il était vrai que le chef des Kanawaki n’y était pas souvent d’après ce que l’on racontait…
Elle était à l’écart des autres foyers et la fillette se demanda si ce n’était pas cette impression de solitude qui tracassait celui qu’elle croyait être son géniteur… Le neige s’étendait à perte de vue… et cet horizon blanc avait quelque chose de déprimant aux yeux d’une enfant telle que Yumika…
Son père désigna une petite pièce humide et froide comme étant sa chambre. La petite ne s’y opposa pas, trop fatiguée et effrayée pour cela… Nobuo la laissa seule afin qu’il puisse défaire sa valise, ce qu’elle fit sans se faire prier…
Les jours s’écoulèrent ainsi… Une semaine… deux semaines… deux semaines et demi…
Durant cette période, elle s’amusait à fouiner le grenier où elle trouva par miracle une photo de sa mère dans les vieux albums auxquels elle n’avait normalement pas accès et qu’elle s’empressait d’admirer dès qu’elle le pouvait… La petite fille garda précieusement son trophée… Elle aimait revoir encore et encore ces images désuètes et jaunies par le temps… Se créant des souvenirs qui n’étaient pas les siens, imaginant les pensées et les paroles des personnages représentés sur les clichés… Elle se créait des histoires, grâce à son imagination débordante…
La routine s’était instaurée et la fillette se disait que finalement ce n’était pas aussi dramatique de vivre avec l’homme qu’elle ne l’avait cru tout d’abords…
Mais, tout fut chamboulé ce soir là…

Son père ne parlait jamais lorsqu'il mangeait. Il gardait le nez baissé dans son assiette, évitant tout particulièrement de lever les yeux vers sa descendante illégitime.
Au début, elle s'en était étonnée et avait pensé, dans la candeur de son jeune âge, que le harceler réglerait la situation. Mais la baffe qu'elle s'était prise ce jour-là avait définitivement calmé ses ardeurs à se faire remarquer à table et depuis, elle n'avait pas retenté l'expérience. De toute façon, à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, c'était pour le gronder. Comme si elle avait fait une bêtise énorme dont elle ne se souvenait plus mais qui la poursuivrait à jamais. Une bêtise que son père lui reprocherait toujours… Elle n'aimait vraiment pas ça. Ça lui faisait mal…
Aussi se taisait-elle aussi, mangeant dans un mutisme complet…

L’enfant entamait ses légumes lorsque l’autre prit la parole…

« - … Demain… nous allons au cimetière. »

La fillette hocha simplement la tête, évitant de se poser des questions…

« - Répond-moi !
- Je… je… oui ! D’accord ! Balbutia-t-elle, soudain affolée. »


Yumi’ fut alors stupéfait de voir l’expression de son interlocuteur changer radicalement, passant de la colère à une profonde, une infinie, tristesse et la petite eut un pincement au cœur, éprouvant une soudaine compassion pour cet homme… Après tout, elle ne savait rien de lui, ni son passé, ni…

« - … Papa ?
- Vas t’en ! Hors de ma vue ! »


Dans un élan de rage, il lança son verre qui s’écrasa contre le mur et atterrit, brisé, sur le sol. Ravie de l’avoir éviter de justesse, la petite fille fila dans sa chambre…
De nouveau des larmes roulèrent le long de ses joues… et elle s’endormit, hantée par de terribles images où sa tante Ayumi la fixait de ce regard sans vie qu’elle lui avait vu… et où des guerres sanglantes éclataient à travers le monde…

Comme prévus, ils se rendirent donc près des tombes le lendemain…
Yumika se sentait mal à l’aise en se lieu mais ne le fit pas remarquer… Ils atteignirent enfin une petite sépulture où était inscrit :

« A ma Akemi chérie, une femme merveilleuse, une sœur bienveillante
et une épouse parfaite…qui nous a quitté trop vite. »


La réincarnation de Byakko frémit. Pour la première fois, elle se dressait devant le corps de sa mère…De nouveau son regard se voila… et elle commença à adresser une prière silencieuse comme il était de coutume devant les morts…[/color]

« - Tu sais, gamine, tu lui ressembles… »

L’héritière du clan redressa des yeux surpris vers l’homme… puis un sourire discret étira ses lèvres.

« - … Comment… Comment elle était ? »

La mine pensive de Nobuo se volatilisa en un instant et il envoya sa main dans le visage de l’enfant qui tomba dans les graviers, l’air hagard…

« - Si je t’ai amené ici, bâtarde, c’est pour répondre à ta question ! Tu as demandé si tu étais une vilaine fille à Ayumi… tu t’en souviens ? Et bien moi, je vais te dire pourquoi tu es une sale fille… Parce que tu as tué ta mère ! Cracha-t-il avec un plaisir non dissimulé face au visage épouvanté de sa descendante qui secoua la tête comme une démente, sanglotant misérablement à terre… Et si ! Tu es une meurtrière ! Tu l’as tué ! Tu as ôté la vie à ta propre mère qui ne demandait rien d’autre que de vivre ! Tu m’as ôté ma raison de vivre et ce n’est pas tout ! Tu as aussi tué ta tante Ayumi ! C’est à cause de toi si elle est morte ! Sans toi, elles seraient encore en vie ! MEUR-TRI-ERE !!! »

La petite se releva prestement et s’enfuit loin de ce monstre et de cette insoutenable vérité… Elle courut longtemps, jusqu’à ce que la fatigue ne le paralyse sans se soucier des larmes qui maculaient son visage… Oui, elle pleurait… Quelque chose en elle savait que son père disait vrai. Cela expliquait bien des choses… Non, elle ne voulait pas écouter cette petite voix, elle ne voulait pas ! C'était… Elle se recroquevilla.

« - C'est un mensonge, murmura-t-elle, sa phrase entrecoupée de sanglots. C'est un mensonge… »

Mais elle savait… Ce chef du clan avait bel et bien raison. Elle était… elle était…
La nuit tomba et, elle fut bien obligée de rentrer, transie de froid… Elle n’avait pas faim, elle voulait juste s’allonger et dormir, dormir pour oublier…
Elle enfouit la tête sous les draps espérant peut-être laisser ce douloureux savoir hors de la chambre, hors de son esprit…
La petite fille resta un instant dans la même position puis s’endormit, épuisée… rêvant de nouveau à l’apocalypse…


-------------------------------------------


A l'aube, la porte de sa chambre s'ouvrit brutalement. Une claque la mit rapidement sur pied. Son père était engoncé dans un épais manteau, comme s'il s'apprêtait à sortir. Il la somma de s'habiller.

« - Pourquoi ? »

Une nouvelle baffe lui répondit.[/color]

« - Ne pose pas de questions idiotes. Tu le sauras bien assez tôt. »

Son père lui releva brutalement le menton pour confirmer ses soupçons.

« - Des yeux bien rouges, dis-moi… Tu as chialé, c'est ça ? »

La jeune Yumi’ inclina la tête, honteuse…

« - Vraiment, tu n'as aucune force de caractère ! Une larve ! Je vais changer ça tu vas voir ! Tu ne seras plus cette fillette qui pleure à la moindre occasion. Dépêche-toi maintenant ! »

L’enfant obtempéra. Elle avait le cœur qui commençait à battre très vite… trop vite… Que ce passait-il ?! Son père qui d'habitude ne lui adressait jamais ni geste ni parole… venait soudain la réveiller aux aurores… Pourquoi quelque chose dans sa tête hurlait de se méfier ? Lorsqu'elle fut prêt, elle fit mine de prendre son manteau mais son père attrapa fermement son poignet et le serra, lui affirmant qu’elle n’en aurait pas besoin.
Ensuite, sans qu’elle n’est le temps de réagir, Nobuo l’entraîna dans la salle de bain et s’attela à la tâche ardue de couper les longs cheveux rosés de son fille, qui faisait « trop gamine » selon lui…
Non sans un pincement au cœur, la fillette regardait ses mèches former un petit tapis soyeux sur le sol… Qu’arrivait-il à papa ? Qu’attendait-il d’elle ?
Puis de nouveau, quand ce fut terminé, il l’obligea à le suivre dehors…
La petite fille frissonna. Le soleil apparaissait tout juste à l'horizon... La température était des plus basses et elle grelotta presque immédiatement alors que son père l'entraînait toujours plus loin sur la plaine enneigée. Au bout de quelques minutes, elle ne sentait déjà plus ses orteils, le froid les atteignant à travers les chaussures qu'elle portait. Sa respiration et celle de son père formaient de petits nuages, qui en temps normal, l'auraient fait sourire. Ils lui faisaient peur pour l'instant… La sentant ralentir, son géniteur serra davantage son poignet et la tira vers lui, manquant de la faire trébucher.

« - P…Papa ! Appela Yumika d’un ton suppliant, à la fois frigorifiée et apeurée. »

Aucune réaction de son père… La forêt se rapprochait d'eux lentement. C'était là-bas qu'il comptait l'emmener ? Mais pourquoi faire ?

« - Papa ! »

Nouvel échec. Les arbres nus qui tendaient leur branches vers le ciel telles des mains hideuses désireuses de capturer le rayon de soleil…le rayon d’espoir, formaient déjà un labyrinthe étroit autour d’eux…
_________________



Dernière édition par Yumika Kanawaki le 09/06/2007 18:44:33; édité 10 fois
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MessagePosté le: 09/06/2007 03:59:12    Sujet du message: Publicité

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Yumika Kanawaki
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MessagePosté le: 09/06/2007 04:02:29    Sujet du message: Yumika Kanawaki[Validée] Répondre en citant

« - Papa, où on va ? Lâche-moi, tu me fais mal ! »

Les larmes menaçaient déjà de réapparaître dans ses yeux et elle n'arrivait presque plus à bouger les doigts de sa main captive…
Sans crier gare, Nobuo s'arrêta, se retourna, et sans la lâcher, lui administra une double volée du revers de la main. L’enfant en perdit l'équilibre mais la poigne ferme de l’homme la releva presque aussi sec…

« - Première leçon : Ne me donne jamais d'ordre ! Enseigna-t-il à l'aide d'une nouvelle claque. Deuxième leçon : Ne pleure jamais ! Pleurer, c'est bon pour les mauviettes ! La fragilité, la sensibilité, c'est de la foutaise ! Seule la force compte, tu as compris ? ( Il serra plus encore le fragile poignet ) Tu as compris ? »

La petite gémit sous la douleur cuisante de ses joues et de son poignet, mais elle était trop secouée pour pouvoir répondre. Son père afficha un étrange sourire qui acheva de la terrifier.

« - Les cours commencent maintenant. Et retiens bien : la Force ! Rien que la force ! »

Et il l'entraîna plus en avant dans la forêt.
Là où ses cris ne pourraient pas être entendus…


-------------------------------------------


Les leçons s’enchaînaient… Chaque jours ils retournaient dans la forêt, chaque jours l’entraînement se faisait plus difficile, plus douloureux… Désormais, elle maudissait son père au moins autant qu’elle se maudissait lui-même…
Un matin, son père entra et elle sentit la peur revenir, instinctivement. Papa voulait retourner dans la forêt mais il avait emmené quelque chose avec lui : Un fusil...
Ils marchaient dans la forêt depuis longtemps à présent… Son géniteur restait derrière lui, avançant de son pas soutenu. Il administrait des tapes dans le dos de sa descendante lorsque celle-ci ralentissait ou lui tapait la nuque, au même endroit que la veille, sachant pertinemment que cela serait très douloureux. L’enfant ne protestait pas. Ses pensées se dirigeaient toutes vers l'arme à feu.
Pourquoi avait-il pris le fusil ? Il ne devait pas penser à de mauvaises choses… Si ? Non, papa ne lui ferait rien. A part les claques sur la tête et la nuque et les poussées dans le dos qui manquaient à chaque fois de la faire tomber, c'était une balade entre un papa et sa petite fille… Et puis… Maman la protégerait. Toujours. S’était tante Ayumi qui le lui avait dit !

Brusquement, le chef du clan lui attrapa les cheveux pour la faire arrêter et revenir vers lui. Il lui commanda de se mettre à genoux et de ne plus bouger ni faire de bruit. Yumi’ obéit docilement, ne voulant mettre son père en colère. La neige lui arrivait à mi-jambe dans cette position et elle ne pouvait poser la main gauche sur le sol, car le froid rendait les blessures plus douloureuses. Elles cuisaient comme chauffées à blanc…
La fillette ne tiendrait pas très longtemps ainsi… Elle vit Nobuo se lever, les sens aux aguets puis celui-ci s'éloigna et disparut de son champ de vision. Que faisait-il donc ? Pour sa part, elle avait très envie de se lever pour le suivre mais le souvenir des claques qu'il distribuait depuis peu la faisait réfléchir. Il n'attendit pas très longtemps avant d'entendre un coup de feu, suivi d'un cri aigu et déchirant qui la fit tressaillir. Puis celui qu’elle prenait pour son géniteur réapparut…

« - Debout, nous allons apprendre la leçon 3 ! Commanda-t-il en la relevant, ses serres agrippées à sa nuque. »

L’enfant tut le gémissement qui menaçait de passer ses lèvres.

~ Ne montre pas que tu as mal. ~

Elle fut à moitié traînée, à moitié poussée vers l'endroit duquel venait l’adulte. C'était une petite clairière dégagée en plein cœur de la forêt. La lumière y était douce. Mais… l’héritière des Kanawaki ne parvint pas à réprimer un sursaut. Il y avait une biche étendue au sol. Du sang l'entourait, tandis qu'une monstrueuse blessure s'étalait sur son arrière-train. La pauvre bête essayait de se redresser en soufflant et geignant, les pattes arrières brisées… broyées par la violence de l’impact… Ses grands yeux noirs se posaient successivement sur les humains et les bois alentours tandis que ses longues pattes fines faisaient d'inutiles efforts… La biche cracha du sang arrachant à la fillette un mouvement de répulsion… Elle était totalement paniquée… Yumika voulut se reculer, fermer les yeux, partir loin, et échapper à ce spectacle écœurant mais son père lui tourna violemment la tête et la maintint pour la forcer à regarder l'animal agonisant…

« - La leçon 3 : Ne fais jamais preuve de pitié ou d'autres sentiments ridicules ! Les sentiments font perdre ! La Force est tout ce que tu as besoin de connaître ! »

Malgré les propos de l’adulte, elle ne put toutefois empêcher ses larmes de couler. Son père s'en aperçut rapidement et reposa la main sur sa nuque, serrant…

«- Tu ne dois plus jamais pleurer, ni avoir de sentiments, tu entends ?
- P…Papa… Je veux partir, je t'en prie ! supplia-t-elle. »


L’homme sourit méchamment.

« - Pas avant que tu n'aies bien compris la leçon. »

Sur ce, il l'entraîna avec lui au plus près de la bête, s'aidant des deux mains pour retenir la petite qui tentait de s'enfuir. Même les claques n'arrivaient plus à la calmer. Elle qui aimait tant les animaux voilà quelle était forcée de regarder souffrir cette pauvre, cette misérable créature ! A mesure que l'odeur du sang se faisait plus forte à son nez, elle se débattait plus encore et était agitée de frissons nerveux. Elle ne cessait de balbutier qu'elle voulait partir. La leçon 3 allait vraiment être utile…

« - Tu étais pourtant si pressée de naître, morveuse, lança-t-il d'une voix doucereuse, en maintenant de force le visage de sa descendante près de celui de la biche. Aussi pressé que cette bête. Tu as même tué ta pauvre mère pour ça ! Mais tu es faible, une lâche, une poltronne ! Comme la biche ! Alors comme elle, tu te feras avoir si tu ne changes pas ! Tu es l’héritier de notre noble clan et tu es le Byakko tu dois être élevé de cette façon pour être digne de tout ça ! C'est pour ton bien ! »

Yumika tentait de fermer les yeux, de ne plus respirer ! Elle détestait cette odeur de sang mêlée au musc animal, elle ne supportait pas de sentir les mouvements désespérés de la souffrance si près d’elle, alors qu'elle ne pouvait rien faire pour l'aider ! Elle était impuissante !
La fillette éprouvait une compassion, une pitié sans borne ! Elle comprenait si bien, elle pouvait presque imaginer les pensées de la bête moribonde… A présent face au cervidé, de sorte que leurs regards se croisaient à chaque mouvement de la mourante pour tenter de fuir, elle la regarda fixement, incapable de détacher ses yeux de ceux de l'animal, dans lesquels elle parvenait à lire la plus grande des douleurs, mêlée à la peur, et à… l'espoir. Un si maigre espoir… Il scintillait si faiblement dans ses yeux… Nobuo regarda un instant le visage pâle de sa fille. Vraiment, elle était trop sentimentale. Il fallait arranger ça !

« - Maintenant, tu vas appliquer la leçon 3. »

Yumi’ sentit qu'on lui mettait quelque chose dans les mains. Lourd. Dur. Long. Froid…
Elle baissa lentement les yeux. Le fusil ?! Son père venait de lui cramponner les mains dessus. Elle leva un regard affolé sur lui. Pourquoi papa faisait-il ça ?! … Ce fut la dernière fois qu’il pensa à lui comme à un père…

« - Tire. »

Sa bouche s'ouvrit, frissonna, se referma, plusieurs fois, sans qu'aucun son ne puisse en sortir. De part sa longueur, le canon du fusil touchait pratiquement le front de la biche qui faiblissait mais continuait de se débattre, hurlant de plus belle. Elle… elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas !

« - Tire, j'ai dit, répéta son père plus méchamment.
- N-Non… Non…Objecta l’enfant en secouant faiblement la tête.
- Tu vas obéir !
- Non…
- J'ai dit : Tire !
- NON, JE VEUX PAS ! Hurla-t-elle en essayant de jeter le fusil au sol. »


Son père alla plus vite qu’elle. Il lui donna un violent coup de pied derrière le genou. Dans un cri étranglé, celle-ci tomba agenouillée et sentit tous ses muscles se tendres… La détonation éclata comme mille tonnerres à ses oreilles… Elle ne comprit pas tout de suite. Quelque chose de chaud et un peu visqueux l'éclaboussa… Elle ne tremblait plus. Il n'y avait plus de bruit, et devant elle, il y avait une fine fumée qui s'élevait. Une odeur de poudre non loin… Comme figée, l'enfant de six ans baissa les yeux…
Le crâne de la biche avait explosé à moitié, s'épandant en morceaux de cervelle et liquides gélatineux tout autour d'elle et en partie sur Yumika, tandis que son sang avait formé une magnifique rosace brillante alentour. Une partie de l'épaule et du cou avait été arrachée sous le choc et laissait à nu les muscles, tendons et autres artères palpitant encore…
L’adulte lui retira le fusil et donna un coup de pied méprisant dans le crâne en gelée.

« - Tu vois, c'est ça la défaite. Perdre. C'est laid, n'est-ce pas ? C'est dégueulasse ! Les sentiments mènent à la défaite, toujours ! Perdre est la chose la plus laide qui soit. Ne l'oublie jamais ! »

Il tapota d'un air satisfait sur l'épaule froide de son héritière. Cette gamine était faite pour tuer. Elle était née du meurtre. Il était normal qu'elle apprenne par ce biais. Et elle se débrouillait bien. Vu l'angle, la biche avait dû sentir son crâne être emporté "lentement". Tuer était la seule chose que ce poids mort faisait correctement !

Toujours tétanisée, la fillette ne pensait plus à rien, tremblante, les lèvres entrouvertes en un cri qui n’avait jamais franchit celles-ci, les yeux humides et le menton tremblotant… Elle était aussi blanche que la neige qui les entourait. Le mélange de sang et de liquide crânien qui l'avait aspergé coulait doucement sur elle, imprégnant ses courts cheveux et ses vêtements… La petite fille parvenait à distinguer la senteur étouffante du sang autour d’elle, accompagnée d'une autre plus amère provenant du cerveau éclaté tout près d’elle. Quelque chose s’agita au fond d’elle mais elle n’y fit pas attention… Comme vidé de toute substance, la réincarnation du tigre blanc ne broncha pas quand son père la releva par les cheveux pour la tirer derrière lui afin de continuer le dressage. Elle titubait, se laissait faire comme une poupée de chiffon, malgré les baffes et les commentaires qu'elle n'entendait ni ne sentait. Il lui semblait qu'elle flottait…

* Perdre est la chose la plus laide qui soit. La défaite est horrible. Elle sent le sang. La douleur. Elle s'imprègne. Elle rampe sur moi. La défaite est horrible. *

Elle ne voulait plus sentir ça ! Plus jamais ! La défaite était une mauvaise chose. Très mauvaise, à fuir, à éviter, à oublier. La victoire… La victoire devait être beauté alors. La beauté. La seule chose bonne.
Sinon, elle hurlerait comme la biche jusqu'à ce que quelqu'un vienne l'achever… Elle avait encore tué. Elle était une…
Le coup de pied qui lui fut assené dans le dos la fit revenir à la réalité tandis qu'elle s'effondrait dans la neige dure.

« - Continuons à réviser nos leçons. »


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Un monstre, voilà ce qu’elle était… Une meurtrière voilà ce qu’elle était… criminelle, monstre, meurtrière, assassin… Ces adjectif résonnaient en elle, s’ancrant dans son esprit jusqu’à ce qu’elle soit convaincu de leur véracité…
Un an déjà… Douze longs mois… Elle ne voulait pas penser en jours, c’était beaucoup trop déprimant !
Son corps, bien qu'ayant maigri un peu, était devenu plus fort, plus résistant. Malgré toute sa hargne, celui qui lui jamais ne lui avouerait n’être pas son père biologique et qui ne lui apprendrait jamais qu’elle était le fruit d’un terrible adultère, n'avait pas réussi à la tuer ni à la briser… Yumika ne baissait pas les bras.
Elle ne pouvait lutter contre son père, elle ne pouvait s'empêcher de crier lorsque celui-ci la battait ou lui faisait subir un amer entraînement dans les bois, mais elle faisait tout pour garder intact une petite bribe de son cerveau qui lui soufflait des mots doux et courageux pour ne pas s'avilir totalement à cet être méprisable.
Nobuo n'avait pas tort : elle avait changé en un an… Elle pleurait moins facilement, était plus mâture… Mais elle ne supportait plus la moindre remarque venant de lui. Elle devenait agressive… Ce qui ne faisait que lui attirer de nouvelles foudres de la part de son père, et de nouvelles nuits glacées à dormir dehors…

A cette époque, elle apprit que plusieurs membres du clan étaient morts suite à une terrible épidémie… elle ne ressentit aucune peine et se demanda si elle était tout à fait normale…
En vérité, elle se sentait comme glacée de l’intérieur, aussi froide que cette neige qui recouvrait Yuki de son grand manteau blanc… plus de douleur, juste une haine et un mépris qui grandissait chaque jour en elle, qui l'effrayait mais qui, paradoxalement, l'aidait à tenir… Même la faim, ne la dérangeait plus vraiment…
La fillette dissimulait une violence qui l’effrayait… L’impression d’être étrangère à elle-même… Il l’élevait comme un homme, elle devenait aussi solide et rancunière que l’un d’eux…

Cette lueur d’espoir qu’elle avait aperçu chez la biche, elle, elle l’avait perdue depuis longtemps… Tout lui semblait vide de sens et même son existence lui paraissait futile.
Ça lui faisait peur, vraiment très peur, plus encore que d’apercevoir son père debout devant son lit au petit matin… Elle ne pleurait plus maintenant… se demandant comment elle avait pu penser aimer un jour ce monstre… La vengeance… Sept ans et déjà avide de cela, attisée par une colère et animée d’une haine réciproque…
Les jours passés et elle apprit…
Peu à peu, Yumi’ devenait cet être, cette chose que voulait faire d’elle cet homme odieux afin, sans doute, d’avoir une raison de la détester vraiment…

Elle, tout ce qu’elle voulait s’était que cela cesse, qu’elle puisse vivre et grandir comme les autres enfants qu’elle voyait parfois batifoler avec insouciance… mais elle n’était pas les « autres », elle n’était qu’une meurtrière et n’avait que ce qu’elle méritait !
Et puis désormais, l’enfant méprisait sa mère aussi, au même titre que sa tante Ayumi… Elle aurait voulut qu’elles reviennent ! Qu’elles la sortent de là… Elle détestait cette génitrice qui l’avait mise dans ce monde qui ne voulait pas d’elle… et elle se sentait cruelle d’avoir de telles idées… Comment pouvait-elle les maudire alors qu’elle leur avait ôté la vie ?!

Elle ne savait pas comment s’en sortir… Elle avait essayé les prières, les supplications auprès de Nobuo, elle s’était débattue et puis, désormais elle restait passive… du moins autant qu’elle le pouvait, ayant compris que s’était la seule façon d’éviter les coups…
Yumika en voulait au monde entier ! Et même à cette nature qui ne l’avait pas pourvue des armes dont elle avait besoin… Si elle avait été un garçon les choses auraient été bien différentes… Alors, elle accumulait la rancœur et forgeait lentement sa protection…
Les humiliations ne l’atteignaient plus, les coups ne le blessaient plus que physiquement et ses paroles acerbes et incisives ne faisaient qu’accroître sa rage, ne pouvant désormais plus trancher que son orgueil bafoué…

Au fond, la petite fille trouvait son père pitoyable… Un être qui ne vivait que dans le passé sans trouver la force d’avancer et de vivre… Se sentait-il obligé d’empêcher sa descendance de vivre ? Sans doute… Quoi qu’il en soit, l’enfant ne vivait plus depuis longtemps… Yumi’ survivait, voilà tout !
Et l’héritière des Kanawaki voulait qu’il paye pour lui avoir montré la vie telle qu’il la voyait… Sans pitié, sans douceur, une existence solitaire qui nous poussait à ne compter que sur nous même…
Elle n’attendait plus l’absolution… on ne pardonne pas une personne qui née en volant la vie des autres… Et il aurait d’abord fallut que l’homme se pardonne à lui-même de lui avoir donné naissance… du moins, le croyait-elle…

Ils vivaient donc ainsi, cherchant à savoir qui céderait le premier, s’observant mutuellement pour trouver les failles de l’autre…
L’enfant devait admettre qu’elle était plutôt fière de tenir tête à cet adulte… même si elle était terrorisée à l’idée de lui ressembler un jour… à l’idée de se regarder un matin et d’apercevoir le reflet de son géniteur à la place du sien…
Elle voulait fuir loin de lui et de sa cruauté mais l’exil de leur maison ne le lui permettait pas… de plus l’adulte la surveillait en permanence… Elle n’avait ni ami, ni famille sur qui compter…
Elle était condamnée à rester ici, elle avait été condamnée avant même de venir au monde, cela elle l’avait bien comprit…
En réalité, elle se sentait si seule… Pourtant quelque chose lui soufflait qu’elle n’avait pas le droit de ce plaindre, que c’était sa punition… mais elle trouvait cela tellement injuste ! Les monstres n’avaient pas le droit de vivre impunément, comme tout le monde, elle le savait bien cependant… elle était paniquée à l’idée de mourir seule, abandonnée de tous…


-------------------------------------------


Yumi’, âgée à présent de huit ans, frissonna et se frotta énergiquement les épaules… La lune était haute dans le ciel, et la nuit plus froide de jour en jour dans cet hiver éternel… Elle ne devait pas s’endormir ! Dormir, c’était mourir ! La fillette se le répétait constamment pour ne pas succomber au sommeil qui l’étreignait… Elle se sentait fatiguée en ce moment, et ce n’était certainement pas à cause du manque de sommeil causé par ses nuits forcées à la belle étoile. La petite fille était lasse de tout cela… Elle éprouvait tellement de colère, de ressentiment, de rancœur ! Contre tout et tous, contre ses parents, contre lui-même, contre la Nature si cruelle ! Elle aurait tant souhaité pouvoir les balayer d'un revers de la main ! Et ensuite… fermer les yeux… se laisser aller, une fois pour toutes…
Elle secoua la tête. Garder la colère en tête ! Elle lui tenait chaud au moins. La garder précieusement, comme un trésor du ciel. Colère ? … Non… De la haine véritable. Une haine bouillonnante, vibrante, coulant à travers ses veines. Désormais elle avait l'impression de l'avoir toujours ressentie, comme faisant partie intégrante d’elle-même. Cela aurait-il une fin ? Pouvait-elle prétendre au repos ?

« - Tu faiblis déjà, mauviette ?! »

Elle serra ses poings enfantins. L’homme avait l'air particulièrement énervé ce matin. La lanière du martinet avait laissé une trace sanglante sur son dos, et la douleur était cuisante bien que supportable. La fillette était tombée à genoux, exténuée, et la sanction était tombée rapidement. Un second coup la fit trembler. Cette fois, elle serra les mâchoires. On lui arrachait la peau avec cet instrument barbare ! Nobuo s'était prit d'affection pour ce vieil objet trouvé elle ne savait trop où et il en usait et abusait à loisir notamment sur le corps de sa fille… Il s'était peut-être lassé des coups de poing ou de pied… Du moins, s’était ce que supposait l’enfant, âgé à présent de huit ans… Yumika n'aimait pas cette nouvelle lubie, plus douloureuse que les autres. Comme elle le haïssait lorsque l’arme claquait ! Une haine étouffante, aveuglante ! Elle était là, à 4 pattes dans la neige, se faisant déchirer le dos par cet être qui, comble de l'ironie, était son père et aurait dû veiller à son bonheur ! L'impuissance, la haine, l'humiliation la faisaient enrager.

« - Lève-toi ! »

L'injonction fut suivie d'un coup qui la toucha sur les reins et la victime étouffa un gémissement. Qu'elle… Qu'elle aurait voulu le…!
Pour étouffer sa colère, elle abattit son poing fermé contre le sol, les yeux clos de rage. Mais le sol se déroba soudain sous sa main, s'éparpillant en morceaux brûlés et chauds, comme si une foudre s'était abattue sur lui. Yumi’ ouvrit les yeux, surprise. Sa main reposait 20 centimètres en-dessous du niveau normal du sol, au milieu d'un cratère miniature encombré de neige fondue et de débris de terre… Elle retira sa main lentement et l’examina avec incompréhension… Qu'est-ce que c'était ? Et comment avait-elle réussi à briser le sol gelé sans même avoir mal ? Elle venait de découvrir, sans le savoir, cette faculté commune à tout les ninjas… celle de se servir du Chakra qui fusait dans leurs veines… et cette puissance, ce pouvoir était à l’origine de ce trou que la neige rebouchait déjà… Elle en oublia totalement la douleur et la menace de son père. Le creux devant lui, c'était elle qui l'avait fait ! Si c'était vraiment sa force, alors elle pourrait… Elle abattit de nouveau son poing, mais celui-ci se heurta douloureusement à la terre enneigée…

« - Je t'ai dit quelque chose, flemmarde ! fit le chef de clan en la relevant durement. »

Il la traîna derrière lui. L’enfant réagissait à peine, frottant son poing blessé. Pourquoi ça n'avait pas marché ? Elle avait peut-être rêvé… Ce fut l'eau glacée de la rivière toute proche qui la tira de ses réflexions…

Cette nuit-là, son père l'autorisa à rentrer dans la maison pour dormir au chaud. Les températures annoncées étaient très largement en-dessous de tout ce que pouvait supporter l'enfant et son géniteur n'avait pas envie d'avoir ensuite des démêlés éventuels avec la police…


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Le temps s’écoulait au ralentit… De son côté, l’enfant s’entraînait… maîtrisant de mieux en mieux le flux de Chakra mais ne l’utilisant qu’en de rare occasion et après s’être assurée d’être seule…
La petite fille se sentait enorgueillie par ce pouvoir… Elle était différente et avait enfin l’impression d’être à armes égales avec son géniteur !
Toutefois, elle décida de n’avoir jamais recours à cette force cachée contre lui… en raison de son manque de contrôle… mais sa décision ne put être respectée…

Un matin, la fillette subit une colère telle qu’il n’y en eut jamais… Nobuo venait de retrouver la photo de sa défunte épouse qui n’avait jamais quitté la réincarnation du Byakko… Après une réprimande qui l’effraya au plus haut point, il l’entraîna en forêt… L’entraînement commença, plus pénible que jamais… A un moment, Yumi’ se plaignit de la faim qui l’habitait depuis deux jours déjà, pour la punir l’homme la roua de coups et l’après-midi survint sans qu’elle n’ait avalé la moindre chose… Son estomac criait famine mais sa bouche resta obstinément close…

Toutefois le leader du clan aperçut une mimique douloureuse de son héritière et entra dans une rage plus violente encore qu’à l’accoutumé…
Il agrippa les cheveux de la fillette et la fit tomber à genoux, avant d’enfoncer son visage dans cette couverture de flocons… la sommant de se repaître de ça… Bien vite, l’enfant ne put plus respirer… Son visage brûlait atrocement et elle avait l’impression qu’on lui arrachait volontairement des lambeaux de peau… L’insoutenable souffrance lui fit tourner de l’œil mais elle réussit à rester consciente… Les minutes s’écoulèrent et Yumika ne pouvant pas se retenir plus longtemps, se débattit en hurlant, laissant son chakra l’envahir totalement, au même titre que sa haine…
Le paysage sembla tournoyer, et tout devint flou… Elle sentait son corps agir mais ne le contrôlait plus…
Lorsqu’elle reprit conscience, elle réalisa… La neige avait totalement brûlée sa cornée et elle ne voyait plus rien… L’aveugle avança à tâtons, toujours à genoux et sentit un corps près du sien qu’elle reconnut instantanément comme étant celui de son géniteur… L’homme ne bougeait plus, étendue sur le sol blanc qui avait prit à présent une teinte vermeille qu’elle ne pouvait apercevoir…

Malgré elle, la fillette éclata en sanglot lorsque la sinistre vérité se dévoila à elle : il était bel et bien mort… Tout était fini… Elle resta immobile, incapable de se mouvoir en raison de son handicap…
Et voilà, maintenant son père avait gagné, maintenant elle était véritablement un monstre plus hideux qu’il ne l’avait été lui-même…
Que faire maintenant ? Il ne lui restait rien… Sa vengeance était accomplie, son but atteint… Sa vie n’avait plus de sens… Alors, elle allait rester là et attendre que la mort l’emporte à son tour… et qu’elle aille rejoindre celui qu’elle croyait être son géniteur en enfer…


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Mais le destin en voulut autrement… Trois ninja en provenance de Kumo, se dirigeait droit dans la direction de l’enfant évanoui… Ils le repèrent aisément et se dépêchèrent de lui prodiguer les premiers soins avant de le transporter en urgence à l’hôpital…
A son réveil, Yumika ne distingua rien et les souvenirs affluèrent en son esprit sans que les larmes ne réussissent pourtant à couler… Elle aurait voulu évacuer sa souffrance mais ses yeux brûlés restaient obstinément secs…
Les choses se bousculèrent et sans trop savoir comment, elle se retrouva à Kumo où elle entra à l’académie ninja. Là, elle apprit enfin à maîtriser ce pouvoir…

Mais Yumi ne pouvait oublier et s’était enfermée dans un mutisme impénétrable, tant qu’on la pensait muette… Elle devenait hystérique lorsque quelqu’un posait la main sur elle, si bien que beaucoup la définir comme étant « tout simplement folle ». Elle était solitaire et détestait les ordres, aussi avait-elle beaucoup de mal à s’intégrer dans cette hiérarchie complexe instauré depuis des siècles chez les shinobis… Elle n’avait aucune raison de vivre et détester la faiblesse, l’insouciance des autres enfants… Elle les détestait pour cela… Ils étaient laids, ils finiraient comme la biche…

Ses premières années de vie marquèrent toute son éducation ninja et elle fut rapidement cataloguée de dangereuse… On disait d’ores et déjà d’elle qu’il valait mieux l’éviter… Et c’était vrai… Elle ne supportait pas la présence des autres morveux qui geignaient au moindre « bobo »… Si faibles ! Ils étaient si faibles !
Pourquoi continuait-elle de vivre ? Elle ressassait cette question et se languissait de la réponse qui la fuyait sans cesse…
Le temps lui apporta la connaissance et surtout la puissance… Elle se démarqua bien vite grâce à ce don héréditaire et à l’esprit du Byakko…
Une partie d’elle détestait la vie, détestait ce monde mais quelque chose en d’autre existait en elle et cohabitait avec cette patrie obscure, l’obligeant à continuer de souffrir ici bas… Elle n’avait pas droit au repos, cela elle l’avait compris… Sa punition véritable n’était pas les multiples corrections que lui avaient infligé Nobuo, non son vrai châtiment était sa vie même…


--------------------------------------------


Adolescence


Désormais, son handicap n’était plus un problème… Sa faculté à projeter le Chakra autour d’elle, lui permettait de visualiser ce qui l’entourait. Le Chakra qui flottait en permanence près d’elle, lui offrant également l’avantage de pouvoir le manier plus facilement en cas d’attaques subites…
Elle avait à présent treize ans et vivait ainsi, en reclus… Sans aimer cette situation, elle la tolérait relativement bien, même si une partie d’elle-même recherchait l’action et le risque… le danger… la peur de mourir dans laquelle elle avait grandie… Elle en avait besoin à présent…

L’adolescente passait plus de temps à rechercher le combat qu’à l’éviter et cela lui causait de nombreux problèmes…
On lui accorda, avec bon nombre de réticence le grade de Genin, espérant pouvoir la manier plus aisément mais s’était bien mal la connaître… Plus personne ne la dompterait… Elle en avait fait le serment… Elle était son propre maître et plus personne ne l’asservirait ! Plus jamais elle ne serait assujettie comme elle l’avait été toutes ces années ! Elle préférait mourir ! Elle était le dominant !

Toutefois, la vie nous réserve de drôle de surprise parfois…
Elle fut placée dans une équipe de trois garçons : Minuki, Kazuo et lui-même. Leur senseï étant un dénommé : Karaso.
Bien vite, elle éprouva une aversion sans borne pour Minuki qui ne cesser de se lamenter et qui aimait par-dessus tout faire l’hypocrite et faire son gentil garçon devant leur senseï…
Kazuo ne paraissait pas l’apprécier non plus, aussi se garda-t-elle de se le mettre à dos…
Leur senseï lui n’arrêtait pas de chanter les louanges de son ennemi, ce qui l’irritait passablement…
Kazuo était un adolescent distant et plus mâture que les autres... Très posé, très calme et réfléchi, il contrastait avec l’impulsivité de sa coéquipière…

Rapidement, ces derniers tissèrent l’ébauche d’une amitié, voir une complicité… et se liguèrent tout naturellement contre le dernier membre de l’équipe trois.
Leur relation était des plus étranges… Kazuo ne cessait de la taquiner et elle ripostait de son mieux, gagnant chaque jour un peu plus en assurance… Et bientôt, elle put se vanter de rivaliser avec lui… Mais parallèlement, Kazuo se montrait très gentil et compréhensif envers elle… Sa patience n’avait pas d’égale et il ne s’emportait jamais malgré les crises de colères qui se déclenchaient parfois en elle…
En réalité, Kazuo considérait Yumika comme la petite sœur que la maladie lui avait enlevé…
Mais celle-ci, éprouvait pour Kazuo des sentiments bien plus ambigus qu’elle taisait et dont elle avait honte…

La vie suivait son cours… Elle avait à présent quinze ans… et vivait une vie plus ou moins paisible…
A cette période elle rencontra Katori et son père avec qui elle signa un pacte suite aux tests complexes qui lui avaient fait passer…
Mais un drame vint chambouler cette esquisse de bonheur qu’elle avait tissé à l’aide de son équipier…
Minuki fut capturé par l’ennemi…En bons ninjas, ils s’empressèrent d’aller à son secours mais tombèrent dans une embuscade…
A leur tour captifs, ils se retrouvèrent enfermés dans une lugubre cellule. Là, ils découvrirent que Minuki les avait lâchement trahis pour sauver sa misérable vie… Cette vermine n’avait cependant pas vu la récompense de sa trahison et était emprisonnée avec ses équipiers, furieux…

Furibonde, Yumika laissa la rancœur l’envahir et se défoula sur le malheureux malgré les efforts désespéré de son ami pour l’arrêter… Le tigre dont elle avait prit l’apparence disparut finalement laissant un prisonnier sans vie et un grièvement blessé… La jeune fille s’empressa de le soigner, s’excusant encore et encore auprès d’un Kazuo horrifié par la haine qui avait émané de son amie…
Deux journées entières s’étaient alors écoulées… Elle se décida à tout lui révéler… Elle lui raconta son enfance, son incompréhension, sa terreur et sa haine implacable, lui raconta enfin comment il avait perdu l’usage de ses yeux en même tant que sa raison de vivre et finis par avouer que lui, Kazuo était désormais sa nouvelle raison de vivre…
L’intéressé ne sembla pas comprendre, aussi Yumi’ prit une profonde inspiration et lui prononça ce mot qui ne rêvait que de jaillir depuis plusieurs semaines… Je t’aime… Un mot qu'elle-même n’avait jamais entendu…

Hélàs, son amour la repoussa, affirmant que ces sentiments n’étaient pas partagés et qu’il n’éprouvait pour elle qu’une amitié fraternelle… qu’elle était trop instable et qui serait bon qu’elle ne gravisse pas plus les échelons ninja en raison de son impulsivité…
Bouleversée, torturée par ces paroles, son âme déchirée pour l’énième fois, ne put tolérer une souffrance de cette force là et l’esprit animal s’empara d'elle… Totalement désorienté, son esprit se mit à confondre l’être qu’elle aimait le plus avec celui qu’elle détestait le plus… son bourreau… son père… Alors, elle expulsa toute sa colère, encore et encore, frappant et frappant encore sans se soucier de ses jointures ensanglantées…
Lorsqu’elle revint à la réalité, elle était là, pantelante, bien loin déjà de la cage ennemie, bien loin du cadavre de Kazuo…
Prenant conscience de son geste, elle s’effondra à genoux et versa les dernières larmes d’une écorchée vive… les larmes qui scellèrent à jamais son destin et lia son cœur à un hiver éternel comme celui dans lequel elle avait grandit et apprit…
Elle était bel et bien une meurtrière et elle ne pouvait que détruire… même lorsqu’il s’agissait de son propre bonheur… Jamais elle ne devait oublier ce qu’elle avait fait ! Jamais elle ne devait oublier ce qu’elle était… un monstre…


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Ne pouvant plus rester à Kumo après son acte atroce et détestable, elle prit la décision de déserter… Bientôt ce serait découvert et on lancerait des hommes à sa poursuite… Elle n’avait pas peur d’eux mais refusait de faire d’autres victimes… Elle n’était pas fait pour vivre en société, cela elle l’avait bien comprit ! Jamais elle ne serait aimée ! Elle était condamnée à vivre seule pour toujours… Elle devait s’éloigner de la foule le plus possible pour ne plus jamais causer d’autres tragédies… Elle commença donc à courir et ne s’arrêta qu’à la tombée de la nuit… Là, elle reprit forme humaine et se mit à errer sans destination précise, sans but… comme l’était son existence elle-même…


Comment avez-vous connu le forum : Bah… C’est Sakura/Hinata pour mon dernier personnage ^^
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Dernière édition par Yumika Kanawaki le 09/06/2007 18:55:30; édité 8 fois
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Tsuki Naara
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MessagePosté le: 09/06/2007 10:19:58    Sujet du message: Yumika Kanawaki[Validée] Répondre en citant

Waouh, franchement, bravo. Tu as du te casser la tête ! J'aime beaucoup tes techniques d'invocations, très original ! L'avatar est pas mal non plus ! L'histoire est très bien recherché, quelle imagination ! J'ai presque tout lu, mais, y a vraiment beaucoup ! Jusqu'à maintenant, je n'ai jamais vu une présentation aussi belle !




Tout porte à dire que tu es une très bonne pavétiste!

A part ça, bienvenue !! Et vive les nukenins!
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Atori Yoru
Kiri No Kuni

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MessagePosté le: 09/06/2007 12:37:50    Sujet du message: bienvenu Répondre en citant

Bienvenu et bon rp. Ta présentation est vraiment de qualité, tu as du vraiment te casser
la tête pour fournir un travail pareil !!!!
Je pense que tu seras rapidement validée (Juste le temps que les admins
lisent ton roman et sa, sa risque de prendre du temps… )
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Atori le justicier de Kiri
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Haseo Kawashi
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MessagePosté le: 09/06/2007 12:40:13    Sujet du message: Yumika Kanawaki[Validée] Répondre en citant

Sa ne m'etonne meme pas c'est Sakura apres tout et ben dis donc c'est la meilleur presentation de tout le forum

Je te valide y'a rien n'a redire franchement bravo
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Uchiha Sasuke
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MessagePosté le: 09/06/2007 14:13:01    Sujet du message: Yumika Kanawaki[Validée] Répondre en citant

Bah du grand art, comme toujours, non, je dirais plutôt, plus magnifique à chaque fois...

Merci...

et dernière chose... Je t'aime mon amour...
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Yumika Kanawaki
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MessagePosté le: 09/06/2007 14:19:47    Sujet du message: Yumika Kanawaki[Validée] Répondre en citant

Ro merci !!!!
Vous êtes adorables !!!
Et puis... moi aussi ze t'aime d'abord! XD
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MessagePosté le: 19/10/2017 00:08:05    Sujet du message: Yumika Kanawaki[Validée]

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